Flore Benguigui : du Baiser Salé à une voix engagée du jazz contemporain

Dimanche 15 mars 2026

Il y a des artistes dont le parcours résonne particulièrement avec l’histoire d’un lieu. Flore Benguigui fait partie de celles-là.

Avant d’être reconnue du grand public, notamment comme ex-voix du groupe L'Impératrice, dont elle a dénoncé les abus, elle a longtemps grandi musicalement… ici même, au Baiser Salé.

Une histoire profondément liée au club

Dans deux entretiens récents chez Harpers Bazaar et chez l'Éclaireur Fnac, Flore raconte :

« Vers 20 ans, je suis arrivée à Paris et j’ai commencé une résidence au Baiser Salé… J’y ai joué pendant onze ans […] C’est devenu ma safe place. » 

Pendant plus d’une décennie, elle revient, inlassablement. Entre deux tournées, entre deux projets, elle retrouve notre scène intimiste.

Ce qu’elle décrit dépasse la simple résidence : c’est une construction musicale et humaine. Une « chimie » forgée sur quinze ans, faite d’écoute, d’instinct, de confiance.

Et pour nous, c’est une immense fierté. Parce que cela signifie que, d’une certaine manière, son histoire s’est écrite ici. 

Une artiste engagée pour plus de visibilité

Au-delà de sa carrière, Flore Benguigui s’implique activement pour faire bouger les lignes. Elle organise notamment des jams sessions féminines, des espaces pensés pour encourager, soutenir et rendre visibles les musiciennes dans un milieu encore très masculin.

Ces initiatives sont essentielles. Elles permettent de créer des réseaux, de renforcer la confiance, et surtout de rappeler que le jazz se nourrit de diversité.

Le jazz comme lieu d’émancipation… et de résistance

Ici, cette idée prend une résonance très concrète.

Depuis toujours, notre club s’est construit comme un espace où la musique prime sur tout le reste. Ici, pas de distinction, pas de cases à cocher : seul le talent compte.

Et c’est peut-être pour cela que, naturellement, une grande place est occupée par les femmes, que ce soit dans nos équipes ou sur la scène. Non pas pour répondre à une logique de quotas, mais parce qu’elles sont là, tout simplement, à leur juste place.

Car il est essentiel de le rappeler : la contribution des femmes dans le jazz est immense, dans le jeu, dans l’écriture, dans l’interprétation, dans la transmission. 

Elles façonnent le son d’aujourd’hui autant qu’elles ont marqué celui d’hier.

Une fierté collective

Le parcours de Flore nous inspire. Son engagement nous parle. Et quelque part, entre deux sets, entre deux nuits rue des Lombards, une belle partie de cette histoire s’est écrite ici. 

 

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